Atelier du patrimoine de Saintonge

Villa Musso - 62, cours National - 17100 Saintes

entete

Eglise Saint-Vivien

L’édifice ancien

Au VIe siècle, une basilique fut édifiée autour du tombeau de Saint-Vivien, évêque de Saintes, dans la vaste nécropole paléochrétienne qui s’étendait au nord de la ville. Avant le 12ème siècle, un prieuré s’y établit, occupé par des chanoines réguliers soumis à la règle de Saint-Augustin. Suite aux dévastations protestantes de 1572, l’église fut rasée et le prieuré fut remplacé par le séminaire, actuel collège René-Caillié. La nouvelle chapelle, reconstruite dès 1617, devenue trop vétuste au XIXe siècle, fut démolie en 1840.

L’édifice actuel

Edifiée entre 1840 et 1845 sur un axe nord-sud, l’église ne respecte plus l’orientation traditionnelle. Elle propose un plan de type basilical. Composée d’une nef séparée des collatéraux par deux rangs de colonnes cannelées d’ordre toscan, la construction s’achève au nord par un chœur à abside semi-circulaire. La nef est couverte en berceau alors que les collatéraux sont voûtés en arc segmentaire. L’éclairage de la nef se fait par les collatéraux. A l’extérieur la nef est mise en valeur par un avant-corps encadré de pilastres monumentaux et surmonté d’un fronton à l’antique. Le portail rectangulaire est couronné d’une frise à rinceaux et d’une corniche. Un oculus situé juste au-dessus ponctue l’ensemble. Les bas-côtés se différencient nettement par une élévation moindre et par le décrochement de leur toit. Une baie aveugle ponctue les murs méridionaux fermant les collatéraux. Sous chacune d’elles, deux mascarons en consoles viennent quelque peu animer ces parois traitées avec une grande sobriété. Le décor et les vitraux de l’église ont été réalisés une quarantaine d’années après l’achèvement de la construction, dans les années 1880. Les peintures du sanctuaire sont pour la plupart inspirées des thèmes antiquisants, essentiellement végétaux et géométriques. Dans le chœur, d’autres peintures représentent saint Eutrope et sainte Eustelle. Les vitraux proposent des thèmes iconographiques d’inspiration religieuse ou dictés simplement par la tradition locale. Ainsi, les images de saint Vivien, saint Macoult, sainte Radegonde côtoient les représentations allégoriques de la charité, l’humilité, la piété filiale. Son architecture illustre bien une des tendances de son époque : l’architecte Brossard, comme Hittorf et Lebas à Paris, dans les églises saint-Vincent-de-Paul et Notre-Dame-de-Lorette, tempère la référence strictement gréco-romaine, qui choque beaucoup de catholiques, par l’évocation des basiliques paléochrétiennes. Faubourg Saint-Vivien Sur ce coteau, occupé depuis l’antiquité, étaient implantés les thermes romains. La plus ancienne église (IVe-Ve siècles) fut établie sur les ruines de cet établissement de bains publics dont on ne voit actuellement qu’une partie des fondations. Elle était dédiée à saint Saloine. A cette première église succéda une construction romane qui a aujourd’hui complètement disparu. Ce secteur de la ville a été en partie délaissé lors de l’édification du rempart (fin 3ème siècle) devenant une vaste nécropole. Au 6ème siècle, l’édification de la basilique funéraire de saint Vivien fut à l’origine du développement de ce faubourg, le plus important de Saintes au Moyen Age. Le quartier ne perdit pas son importance au cours des siècles. Au 18ème siècle, une école de chirurgie fut créée par le marquis de Monconseil. Cette institution, construite rue Saint-Vivien, dispensait un enseignement gratuit de la chirurgie. Elle ne survécut pas à la Révolution. Le quartier a sans doute bénéficié de l’activité des « ports » et des quais situés un peu plus à l’est, sur la rive gauche de la Charente. Au 19ème siècle, les maisons de cognac Rouyer-Guillet et Martineau implantées au nord du faubourg apportèrent un certain dynamisme.

Eglise Saint-Vivien
Eglise Saint-Vivien